Nouveaux programmes...
En 50 questions


 
En 50 questions ……………


l’AGEEM a poursuivi son analyse du texte mis en consultation : « Nouveaux programmes de l’école primaire ».
Cette analyse se traduit par une série de questions concrètes que nous partageons avec nos adhérents et qui positionne notre association de façon critique par rapport à un texte estimé réducteur pour l’Ecole maternelle et ayant la volonté d’en changer profondément les finalités.
Nous rappelons qu’avant sa parution, aucune consultation n’a eu lieu sur ce texte mis en consultation.

1– De quel enfant parle-ton dans ces programmes ?
Devons nous renoncer aux acquis issus des recherches depuis 40 ans ?
Ø Faut-il oublier les contenus de formation reçus depuis toutes ces années, bâtis autour du développement de l’enfant, de la pédagogie du projet et de l’enfant participant à ses apprentissages dans des situations didactiques construites et conduites par l’enseignant ?
Ø L’école maternelle est-elle toujours un lieu d’accueil ?
la prise en charge des tout petits, jusqu’ici prioritaire dans les quartiers difficiles est-elle abandonnée ? Si oui quelle alternative sera envisagée ?
Qu’en est-il de l’’accueil des enfants des familles vivant dans la grande pauvreté ?
Ø Faut-il changer de posture et de fonctionnement en acceptant que les textes officiels ne soient plus des documents-ressources mais uniquement des injonctions ?
Ø Pourquoi la nouvelle cible de l’échec est-elle exclusivement l’école primaire ?
Ø Ce texte limité ne va-t-il pas contribuer à la mise sous pression des enseignants et à la mise en concurrence des écoles, publiques et privées ?

2- Sur quelle cohérence interne, éducative et pédagogique s’organise le texte ?
Ø Quelles sont les finalités, les visées à long terme, le projet éducatif de ces programmes ?
Ø Quel est l’Homme et quel est le Citoyen qui se profilent ? au-delà de la recherche d’autonomie, du développement de la mémoire et de l’empilement des savoirs, qu’en est-il du développement de la curiosité intellectuelle, des prémisses de l’esprit critique ?
Ø Qu’en est-il de la prise en compte de la personnalité de chacun, du développement de chacun et des liens vitaux avec son affectivité ?
Ø Comment donner une cohérence à l’action pédagogique en demandant aux enfants, en même temps, «l’application de règles» et le «tâtonnement expérimental»?
Ø Le pilotage exclusif par l’évaluation des compétences ne va-t-il pas conduire à sélectionner de façon insidieuse des disciplines et de surcroit certains aspects de ces disciplines ?

3 - Pourquoi ignorer les acquis de l’expérience professionnelle des enseignants ?
Ø Pourquoi accentuer l’effet de balancier bien connu en occultant ou niant les efforts des enseignants et leurs acquis, construits dans les formations sur l’école maternelle et sa pédagogie, formations de plus en plus rares …?
Ø Pourquoi chercher toujours des ruptures, ne pas valoriser les continuités possibles au risque d’installer les enseignants dans une attitude de repli et de refus des évolutions parfois souhaitables ?
Ø Pourquoi prendre le risque d’apparaître tenir un double langage en affirmant faire confiance aux enseignants de l’école primaire et dans le même temps en les désignant comme boucs émissaires de l’échec scolaire ?
Ø Affirmer que ces programmes réduits sont destinés à réduire par trois l’échec scolaire, n’est-ce pas d’une manière détournée et hypocrite attribuer aux enseignants une grande partie de cet échec puisqu’ils n’ont pas su lire et travailler efficacement avec des programmes riches, complets, innovants et ambitieux?
Ø Pourquoi accentuer le malaise profond des collègues, palpable tous les jours dans les écoles?

4 - De quelle liberté pédagogique parle-t-on ?
Ø Comment concevoir la liberté pédagogique étant donné les fortes limites et contraintes contenues dans des progressions annuelles ne correspondant ni aux possibilités des enfants ni à l’organisation de l’école maternelle (par exemple comment faire dans les sections doubles)?

5 -Quels sont les liens entre le texte des programmes et les planifications annuelles en annexe ?
Ø Peut on dire clairement si on nous propose des «points de repères pour les enseignants» ou des «connaissances et compétences à acquérir pour chaque niveau de classe» ?
Ø La question d’une éventuelle hiérarchie des domaines d’activités est-elle d’actualité?
Ø Pourquoi maintenir l’ambiguïté sur la place de la GS, source de nombreuses difficultés, puisqu’on peut lire en effet une chose et son contraire. :
est-elle dans l’école maternelle, son aboutissement et sa finalité ?
est-elle «première année des apprentissages fondamentaux»?

6 – Pourquoi quitter les points d’appui sur lesquels s’est construite la pédagogie de la langue et du langage au quotidien dans nos classes ?
Ø Faut-il ignorer les connaissances relatives aux conditions de l’acquisition du langage par l’enfant? la place centrale de la relation duelle, du dialogue, la valorisation de ses centres d’intérêts, et l’importance de la motivation?
Ø Faut-il mettre en sommeil toutes les activités visant l’acculturation, le partage de valeurs culturelles?
Ø «écouter» «attendre son tour de parole» «parler en respectant le thème» «appliquer les consignes données par l’enseignant» sont-elles les seules attitudes requises dans une classe y compris dans une classe de Petite section?
Ø Faut-il mettre à l’écart la progressivité maintenant bien comprise et mise en œuvre dans les étapes du langage d’action, langage d’évocation puis du métalangage?
Ø Faut-il réduire la pédagogie du langage à l’acquisition du lexique et de la syntaxe?
Ø Faut-il oublier toute l’importance de la construction du récit ?

Des questions sont encore plus prégnantes, notamment :
Ø Dans le domaine : « découvrir l’écrit » : pourquoi réduire le travail de la Petite section à la seule écoute des histoires ?
Ø Faut-il oublier que la langue écrite se construit à partir des compétences de la langue orale?
Ø Faut-il réduire l’approche du langage écrit à la phonologie, au principe alphabétique et à l’écriture?
Ø Qu’en est-il des temps d’essais et d’erreurs, des écritures inventées, tâtonnées, autonomes? suffit-il de copier pour comprendre le fonctionnement de l’écrit?
Ø Pourquoi modifier et réduire la présentation de ce qu’est le principe alphabétique ? s’agit-il de d’admettre qu’«une lettre transcrit un son» ou s’agit-il de faire comprendre aux élèves l’existence de relations entre les sons (phonèmes) et les lettres (graphèmes)?
Ø Dans la progression pour la GS, dans "se préparer à apprendre à lire et
à écrire" pourquoi choisir de commencer par la découverte syllabique qui
risque bien de laisser de nombreux enfants sur le côté de la route ?


La lecture approfondie de ces programmes accentue nettement les craintes et les doutes exprimés dans la 1ere réaction de l’’AGEEM aux Nouveaux programmes de l’école primaire, diffusée le 22 février 2008.

10 mars 2008

 

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